Angers Loire Métropole : le groupe Demain Angers défend une métropole plus sociale, plus durable et plus démocratique (conseil du 7/7/25)
- AESangers

- 8 juil. 2025
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Lors du conseil communautaire d’Angers Loire Métropole du 7 juillet, les élu·es du groupe Demain Angers ont pris position sur plusieurs délibérations clés, rappelant leur attachement à une vision de l’agglomération plus ambitieuse sur le plan social, plus cohérente face à l’urgence écologique, et plus ouverte au débat démocratique.
🗳 Pour une représentation démocratique dans les instances communautaires
Le groupe a présenté la candidature d’Yves Aurégan à la commission permanente, en alternative à celle proposée par la majorité. Cette initiative vise à garantir une pluralité politique dans les instances stratégiques d’ALM et à donner une voix aux élu·es de gauche souvent marginalisés dans la gouvernance actuelle.
🚍 Mobilités : une nouvelle DSP sans ambition face à l’urgence climatique
À propos de la nouvelle délégation de service public Transports 2026-2031, Bruno Goua a exprimé ses réserves sur un contrat « trop figé », reconduisant des objectifs non atteints dans la précédente DSP (49,5 millions de voyages visés en 2031, contre 39 millions réalisés en 2023).
Il a alerté sur les incohérences structurelles :
Un plafond de fréquentation jamais atteint ;
Des conditions de transport déjà saturées aux heures de pointe ;
Un déficit de vision pour lever les freins socioculturels à l’usage des transports publics.
Il a notamment défendu l’idée de publier un état annuel détaillé du versement mobilité (plus de 400 M€ sur 6 ans), afin de garantir son affectation réelle aux mobilités durables, et de créer un service public de location de vélos longue durée à l’échelle de l’agglomération.
Yves Aurégan a rappelé que le transport représente 50 % des émissions de GES du territoire, et que la DSP ne permettait pas de changer d’échelle. Il a souligné les contradictions de cette stratégie : on promet des extensions horaires ou un service de nuit, mais on réduit des fréquences ailleurs. Il a également interrogé le choix du GNV plutôt que de l’électrique, alors même que le GNV reste plus émetteur de gaz à effet de serre.
➡️ Le groupe s’est abstenu, saluant des avancées mais pointant l’insuffisance d’ambition face à l’urgence climatique.
🧑🤝🧑 Centre intercommunal d’action sociale : pour une gouvernance sociale pluraliste et transparente
Sur la création du Centre intercommunal d’action sociale (CIAS), Céline Véron a salué une opportunité historique d'amplifier l’action sociale à l’échelle métropolitaine, tout en insistant sur la nécessité de construire un outil inclusif et transparent.
Elle a proposé :
Un conseil d’administration pluraliste, incluant tous les groupes politiques et les acteurs de terrain comme au CCAS ;
Une feuille de route d’extension des compétences, construite avec les associations, en tenant compte des réalités budgétaires ;
La création d’un observatoire local de l’action sociale, avec chercheurs, citoyens et travailleurs sociaux ;
Un rapport annuel d’évaluation des politiques sociales, présenté et débattu publiquement.
💡 Territoire intelligent : un projet coûteux, déconnecté des priorités
Sur l’avenant au marché du Territoire intelligent, Yves Aurégan a rappelé que ce projet à 125 M€ est devenu une “innovation hors de prix pour éclairer les rues”, loin des promesses initiales d’un territoire participatif et connecté.
Il salue les quelques économies obtenues (2,4 M€), mais note qu’après 11 avenants, le projet a toujours généré +3,6 M€ de surcoûts.
À l’heure où les priorités des habitants évoluent, ce projet donne l’image d’une “smart city démodée”, focalisée sur la vidéosurveillance et l’éclairage public, sans bénéfice concret pour la majorité de la population.
Le groupe Demain Angers poursuit sa ligne pour :
Une action publique plus transparente, avec une gouvernance démocratique à tous les niveaux ;
Une politique sociale à la hauteur des besoins réels du territoire ;
Des mobilités décarbonées et structurantes, à l’échelle de l’urgence climatique ;
Et un usage maîtrisé des deniers publics, orienté vers des priorités collectives tangibles.
Les interventions complètes
1- Commission permanente - Modification de la composition et élection d'un membre (DEL-2025-152)
Intervention de Silvia Camara-Tombini
Nous réclamons depuis longtemps que la minorité angevine soit présente à la commission permanente.
La commission permanente prend des décision et sert aussi de commission des finances si bien que la minorité angevine, qui représente un nombre élevé d’habitant.e.s, est écarté des débats budgétaires et d’un certain nombre de débats sur des délibérations importantes comme la DSP transport qui n’est passé qu’en commission permanente (et pas en commission Transition écologique !).
Cette absence de la minorité angevine à la commission permanente est une incongruité démocratique.
Votre seule justification est : « Ça a toujours été comme ça ».
On connaît tous des choses qui ont toujours été comme ça et qui ne devraient plus l’être depuis longtemps, en plus, l’élection d’un membre de la minorité angevine pourrait faire une jurisprudence qui pourrait vous être utile à partir de Mars prochain.
C’est pourquoi je présente la candidature d’Yves Aurégan à la commission permanente d’ALM.
2- Concession - Transports urbains et suburbains de voyageurs, transports de personnes en situation de handicap - Attribution de la délégation de service public 2026-2031 (DEL-2025-153)
Intervention de Bruno Goua
« La prévision est un art difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir. »
Cette phrase prend tout son sens à la lecture du contrat de délégation de service public que nous examinons aujourd’hui.
Des objectifs reconduits, 6 ans plus tard
Dans la précédente DSP, l’objectif fixé pour 2023 était clair : 49 millions de voyages. Le résultat a été tout autre : seulement 39 millions réalisés, soit un écart de 10 millions.
Dans cette nouvelle DSP, l’objectif pour 2031 est de 49,5 millions de voyages.
Une projection linéaire dans un monde chaotique
Nous agissons comme si nous pouvions extrapoler une courbe de croissance progressive et continue. Mais le monde ne fonctionne pas ainsi.
Entre 2019 et 2025, nos manières de nous déplacer ont été profondément bousculées, transformées, recomposées.
· La crise sanitaire a durablement changé notre regard sur les transports collectifs.
· Le télétravail, devenu une réalité structurelle dans de nombreux secteurs, a fait chuter le nombre de trajets quotidiens.
· Les vagues de chaleur, désormais récurrentes, posent de vraies questions sur la capacité des réseaux urbains à rester fonctionnels en période extrême.
· Et surtout, de nouvelles mobilités ont émergé et se sont implantées très vite :
o Le vélo à assistance électrique, qui redéfinit la notion même de distance ;
o La trottinette, plébiscitée par certains publics, notamment les plus jeunes ;
o Et même un nouveau profil d’usager : le « marcheur long », de plus en plus visible dans les centres urbains.
À cela s’ajoutent d’autres facteurs majeurs, incontrôlables :
· Les incertitudes géopolitiques autour du coût de l’énergie, qui fragilisent les équilibres économiques du transport collectif ;
· Un ralentissement économique global, qui pèse à la fois sur la consommation, les déplacements professionnels, les investissements publics… et pourrait donc peser sur le versement mobilité, levier essentiel du financement des transports.
Des objectifs de fréquentation en hausse
La nouvelle DSP prévoit une augmentation de 19 % du nombre de voyageurs. Notre réseau est-il prêt à accueillir ces nouveaux usagers dans de bonnes conditions ?Aujourd’hui déjà, aux heures de pointe, il est parfois impossible de monter dans un tramway — plusieurs rames doivent être laissées passer avant de pouvoir embarquer.Dans ce contexte, le projet d’allongement des rames nous paraît être une réponse pertinente et bienvenue.
Un plafond de verre persistant
Mais au-delà des tendances globales, nous devons regarder en face une réalité locale : un Angevin sur deux ne prend jamais les transports en commun.
Pas pour aller travailler. Pas pour aller en ville. Pas même de temps en temps.
C’est un non-recours massif, qui dépasse les seules questions d’offre ou de fréquence.
C’est un blocage culturel, social, psychologique. Le réseau est encore trop souvent perçu comme un service pour les autres. Et tant que nous n’aurons pas levé cette barrière invisible, nous resterons structurellement en dessous de notre potentiel.
L’initiative « Cap, Pas Cap » est intéressante, mais elle visait surtout à pousser quelques personnes à renoncer complètement à leur voiture. Or, ce n’est sans doute pas la stratégie la plus efficace pour faire évoluer les comportements. De la même manière qu’il vaut mieux convaincre 30 millions de personnes de manger un peu moins de viande que de compter sur 1 million de végétariens, il est sans doute plus utile, pour faire bouger les lignes, d’amener 100 personnes à laisser leur voiture au garage un jour par semaine que de chercher à en convaincre 10 de l’abandonner totalement.
Sur le versement mobilités
Nous avons bien noté que le coût net de cette DSP, reste à charge pour la collectivité, s’élève à environ 330 millions d’euros sur 6 ans. Or, le versement mobilités perçu par Angers Loire Métropole dépasse cette somme de façon significative, pour atteindre plus de 400 millions d’euros sur la même période.
Cela pose question dans l’affectation de ces ressources. Quelle part de ce financement est effectivement consacrée aux mobilités durables ? Quels autres projets ou dépenses absorbent ce surplus ?
Il serait intéressant de publier chaque année un état détaillé du versement mobilités, avec ventilation par poste et Identifier clairement ce qui relève de la DSP et ce qui relève d’autres projets.
Puisque le versement mobilité n’est plus, depuis 2019, réservé aux seuls transports en commun, je renouvelle mon appel à la création d’un service public de location de vélos longue durée dans notre agglomération.C’est un dispositif à la fois efficace, peu coûteux, et déjà largement éprouvé ailleurs. Je m’étonne qu’il n’ait toujours pas été mis en place..
Pour une DSP vivante, réversible, adaptée
Il est tout simplement illusoire de penser que l’on peut écrire en 2025 ce que seront nos déplacements de 2031.
Ce contrat nous engage jusqu’en 2031. Il doit donc être conçu non comme un plan figé, mais comme un cadre vivant, capable de s’adapter, de se remettre en question, d’évoluer.
Nous saluons les avancées contenues dans cette nouvelle délégation de service public, notamment sur certains points d'amélioration attendus. Toutefois, plusieurs choix d’orientation ou d’arbitrage ne correspondent pas à ce que nous aurions défendu. C’est pourquoi nous nous abstiendrons.
Intervention d'Yves Aurégan
Je voudrais poursuivre en partant du constat posé par Bruno Goua.
Oui, aujourd’hui, un Angevin sur deux ne prend jamais les transports en commun.
C’est un signal fort, un révélateur. Mais ce n’est pas une fatalité.
C’est justement parce que les freins sont nombreux – culturels, sociaux, psychologiques – que notre politique de mobilité doit être claire (sans messages contradictoires), ambitieuse et structurante.
Ce n’est pas en adaptant à la marge l’existant que nous ferons évoluer les comportements.
Cette nouvelle délégation de service public introduit quelques avancées : développement du transport à la demande, extension des horaires, mise en place d’un service de nuit.
Ce sont des améliorations bienvenues… mais encore trop limitées.
D’autant que certaines de ces avancées sont neutralisées par des baisses de fréquence sur certaines lignes.
On donne d’un côté, on reprend de l’autre.
Et pendant ce temps, le calendrier climatique ne ralentit pas.
Notre assemblée s’est engagée à réduire de 60 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.
Mais sur la dernière décennie, la baisse moyenne n’a été que de 1,2 % par an.
Il faudrait désormais plus de 7 % de réduction annuelle pour espérer atteindre notre objectif.
Et rappelons-le : le transport représente, à lui seul, la moitié des émissions de gaz à effet de serre sur Angers Loire Métropole. Le levier des mobilités est donc absolument central.
Or, cette DSP ne permet pas de changer d’échelle. Elle ne donne pas le signal d’un basculement, ni sur l’offre, ni sur les usages.
Nous devons transformer en profondeur nos mobilités : collectives bien sûr, mais aussi individuelles, en soutenant par exemple davantage le vélo, la marche, ou d’autres formes de déplacement durable.
Alors oui, la tâche est extrêmement complexe. Mais c’est justement pour cela que nous avons besoin d’une ambition forte, structurée, durable.
À défaut, nous resterons dans le statu quo, ce qui ne nous laissera aucune chance réelle d’atteindre nos engagements climatiques.
Nous saluons les améliorations apportées, mais l’ambition n’est pas assez au rendez-vous.
C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération.
Une question plus technique puisque nous n’avons pas vu cette DSP en commission :
Pourquoi attendre 2032 pour effectuer la transition du parc bus vers la technologie électrique et continuer à augmenter le parc de véhicules GNV (+53 bus GNV) d’ici 2031 alors que le GNV est beaucoup plus émetteur de GES que l’électrique ? Les coûts totaux (achat + exploitation) des bus électriques est du même ordre de grandeur que le GNV.
3- Modification des statuts d'Angers Loire Métropole - Action sociale d'intérêt communautaire (DEL-2025-154)
Intervention Céline Véron
La création du CIAS intercommunal est une chance historique pour structurer une action sociale plus ambitieuse, plus lisible. Mais elle ne doit pas être un outil de gestion technocratique C’est une avancée juridique. Mais ne doit pas être un outil technocratique. Et cela engage notre responsabilité collective
Il y a des réalités humaines urgentes, trop souvent ignorées : la pauvreté, l’isolement, la précarité alimentaire, les familles monoparentales qui sont de plus en plus en difficultés , les jeunes en rupture, les aînés sans réseau.
Nous voulons faire du CIAS un outil de transformation sociale, un levier de justice territoriale. Nous devons être exigeants.
C’est pourquoi nous faisons plusieurs propositions concrètes :
Premièrement, que le futur conseil d’administration du CIAS soit pluraliste.Nous demandons que chaque groupe politique du conseil communautaire, y compris les groupes d’opposition, y ait un siège.C’est ce qui se pratique au CCAS d’Angers avec la minorité, le travail est pluriel et les échanges riches des expérience de chacun.Parce que la solidarité n’est pas une affaire de majorité, c’est une affaire de démocratie
Nous proposons d’ élaborer une feuille de route d’extension des compétences du CIAS en s'appuyant sur les associations, qui ont un devoir d’expertise sérieuse.
Le CIAS doit devenir un moteur pour l’accès aux droits, pour la lutte contre les violences, pour l’aide alimentaire, pour le logement d’urgence.
Enfin, que nous publiions chaque année un rapport d’évaluation.
Un rapport annuel sur l’efficacité des politiques sociales communautaires, présenté publiquement et discuté en conseil.
Et pourquoi pas créer un observatoire local de l’action sociale, avec chercheurs, citoyens et travailleurs sociaux.
Partageons, débattons, pour construire une politique sociale à la hauteur des besoins du territoire.
Nous voterons pour cette délibération.
14- Territoire intelligent - Marché global de performance - Avenant n°11 (DEL-2025-165)
Intervention d'Yves Aurégan – Territoire intelligent : une innovation hors de prix… pour éclairer les rues
Je me réjouis - un peu - d’apprendre que nous allons enfin payer un peu moins pour ce fameux territoire intelligent. Une économie de 2,4 millions d’euros, et quelques compétences qui reviennent en régie, notamment sur l’eau et sur les déchets.
C’est déjà ça… Ça compense, en partie, les plus-values précédentes. Mais faisons les comptes : nous en sommes toujours à +3,6 millions d’euros HT de plus-value après les différents avenants que nous avons passés.
Et au final, le projet reste colossal : 125 millions d’euros pour la seule tranche ferme.
Alors la vraie question reste la même : Quel est le bénéfice concret pour les habitants ?
Essentiellement… l’éclairage public.
Nous devions avoir une co-construction avec les citoyens, un territoire innovant et participatif.
Aujourd’hui, soyons honnêtes : la majorité des habitants a oublié jusqu’à l’existence de ce "territoire intelligent", même si nous continuons à dépenser une petite dizaine de millions d’euros par an d’investissements.
On nous promettait d’être une métropole de pointe, en avance sur toutes les autres. Mais j’ai comme l’impression que les "smart cities" ne font plus rêver grand monde et que les problématiques des villes se sont déplacées.
C’est ça, le problème avec la mode : ça se démode très vite.
Et à la fin, que reste-t-il de ce grand récit d’innovation urbaine ?
Un projet coûteux, principalement dédié à l’éclairage public et à la vidéosurveillance.
Pas franchement ce qu’on appelle une révolution. Comme souvent beaucoup de communication pour un projet finalement assez déceptif et très cher.



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