Conseil municipal du 15 décembre 2025 : le groupe Demain Angers appelle à plus de justice sociale et de cohérence écologique et politique
- AESangers

- 16 déc. 2025
- 18 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 déc. 2025
Lors du conseil municipal du 15 décembre, les élu·e·s du groupe Demain Angers sont intervenu·e·s sur de nombreux dossiers structurants pour la ville, en portant une ligne politique claire : renforcer la cohésion sociale, défendre les services publics, et engager Angers dans des politiques plus justes et plus écologiques.
Lutter contre l’isolement : aller plus loin pour restaurer le lien social
À l’occasion du bilan du plan de lutte contre l’isolement, Marielle Hamard a salué l’engagement de la Ville et du CCAS, notamment les moyens financiers consacrés aux seniors. Mais face à l’ampleur du phénomène - jusqu’à la « mort sociale » décrite par les associations - le groupe appelle à une action plus ambitieuse, ciblant les personnes invisibles, les plus âgées et les plus précaires. Le groupe plaide pour une approche globale intégrant l’adaptation des logements, la lutte contre l’exclusion numérique et la co-construction d’un plan d’action tripartite associant CCAS, bailleurs sociaux et monde associatif, afin de refonder durablement le lien social, socle de la démocratie locale.
Culture : refuser l’abandon du service public culturel par la région
Concernant la modification des statuts de l’EPCC Le Quai - Centre dramatique national, Rachel Capron a dénoncé les conséquences du désengagement de la Région Pays de la Loire du financement de la culture. Ce retrait fragilise un équipement culturel majeur, affaiblit sa gouvernance et remet en cause le principe même de la décentralisation culturelle. Le groupe a refusé de valider une délibération qui entérine une baisse de 156 000 € de financement annuel et met en péril l’ambition artistique du Quai, saluant le travail remarquable de ses équipes.
Soleils d’hiver : des fêtes populaires, mais un centre-ville saturé
À propos des subventions accordées aux associations de commerçants, Silvia Camara-Tombini a salué la vitalité des initiatives de quartier tout en regrettant l’absence d’anticipation sur la gestion des flux automobiles pendant la manifestation “Soleils d’hiver”. Face aux embouteillages, à la saturation des parkings et à la dégradation de la qualité de l’air, le groupe a rappelé les engagements du maire non tenus en matière de piétonnisation et a appelé à expérimenter des mesures fortes, comme la gratuité ponctuelle des transports en commun lors des grands événements.
Repos dominical : défendre le droit au repos
Claire Schweitzer dénonce une remise en cause du droit au repos des salarié·e·s, sans preuve de bénéfice économique pour le commerce de proximité, et alerte sur le retour de périodes de travail dominical enchaînées. Pour Demain Angers, le respect des temps de repos est un enjeu social majeur, pour les salarié·e·s comme pour la qualité de vie en centre-ville. Le groupe s’est opposé à la dérogation au repos dominical pour 2026.
Dépôts sauvages : des annonces, mais toujours pas de résultats visibles
Sur la question des dépôts sauvages de déchets, Anthony Guidault a interpellé la majorité sur la situation persistante du site de la Tournerie. Neuf mois après l’annonce de l’installation de caméras, les déchets continuent de s’accumuler. Le groupe demande désormais un calendrier clair de sanctions et une stratégie réellement efficace pour mettre fin à cette dégradation environnementale.
Transition écologique : dénoncer les illusions des certificats d’économie d’énergie
À propos des certificats d’économie d’énergie, Yves Aurégan a dénoncé un dispositif opaque, inefficace et socialement injuste, largement critiqué par la Cour des comptes. Le groupe alerte sur un glissement politique dangereux : externaliser la transition écologique au privé, puis accuser l’écologie d’être punitive.
Pour Demain Angers, la véritable punition viendra de l’inaction : l’écologie est une protection et un investissement, pas un fardeau.
Sécurité routière : passer d’une aide ponctuelle à une politique structurée
Si la subvention accordée à l’association Prévention routière est jugée utile, Silvia Camara-Tombini estime qu’elle ne saurait tenir lieu de politique publique. Face à l’augmentation des décès sur les routes du Maine-et-Loire, le groupe propose que la ville d’Angers s’engage dans la démarche de labellisation « Ville Prudente » proposée par la Prévention routière, afin de structurer une stratégie globale de prévention, d’aménagement et d’évaluation.
Suite à cette intervention, le maire a accepté d’ajouter un amendement à la délibération indiquant que la ville d’Angers allait candidater à ce label. Une opposition qui propose parfois obtient gain de cause !
Ravalement de façades : rétablir l’équité
Sur l’aide municipale au ravalement de façades hors périmètre, Yves Aurégan a dénoncé un effet d’aubaine profitant à des propriétaires souvent aisés, au détriment de la justice sociale. Le groupe demande un examen au cas par cas, fondé sur les ressources réelles des demandeurs, et un contrôle renforcé par le conseil municipal.
Restauration collective : une fierté à consolider
Enfin, à l’examen du rapport annuel d’ALREST (Papillotes & Cie), Elsa Richard a salué la qualité du service public de restauration collective, exemplaire sur le zéro plastique et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le groupe appelle néanmoins à renforcer l’offre pour les crèches et à affiner la tarification afin de mieux refléter les capacités contributives des familles, pour garantir à toutes et tous l’accès à une alimentation saine et de qualité.
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Interventions in extenso du groupe Demain Angers (seul le prononcé fait foi)
Bilan du plan de lutte contre l’isolement
Intervention Marielle Hamard
Je tiens à saluer l'engagement de la majorité, formalisé en décembre 2020 par le vote d'un plan et pérennisé par l'ancrage d'une politique de lutte contre l'isolement portée par le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale), avec un financement annuel de près de 3 M€ pour les services aux seniors.
Cependant, alors que nous faisons le bilan de cette action, nous devons nous demander si nos moyens, aussi louables soient-ils, sont à la hauteur des enjeux démocratiques et sociaux qui nous attendent. L'objectif, vous l'avez vous-mêmes fixé, est d'aller plus loin en s'adressant aux « invisibles » parmi les près de 12 000 Angevins de plus de 60 ans vivant seuls.
Le constat partagé : l’urgence de la « mort sociale »
Notre politique doit se baser sur des faits. Le précieux travail des Petits frères des Pauvres et leur Baromètre nous rappellent ces réalités implacables :
L'isolement n'est jamais un choix, il est long et généré par des facteurs multiples, le distinguant de la simple solitude. Le ressenti des personnes isolées est celui de l'invisibilité et d'être relégué par la société. Contrairement à une attente, la crise sanitaire n'a pas eu d'effets positifs durables sur l'isolement, le phénomène connaissant même un retour à la normale, voire une aggravation. L'enseignement le plus fort est la notion de « mort sociale » - quand une personne est coupée de ses quatre cercles de relations - un phénomène qui pourrait toucher 1 million de personnes en 2030 en France.
Les profils les plus à risque - les 80 ans et plus et les personnes en situation de précarité subissant un isolement par privation (ne pouvant pas participer à des moments conviviaux payants) - nous obligent à une action plus ambitieuse.
Pour progresser, nous devons nous concentrer sur les causes profondes de l'isolement, au-delà de l'animation.
L'exclusion numérique est une réalité. Elle est liée à la rapidité d'évolution, à la perte d'autonomie (vue, motricité fine), mais surtout à la précarité financière : pour une petite retraite, le numérique passe après le logement et l'alimentation. L'exclusion numérique est une perte d'accès aux droits. Nous devrions réfléchir à l'idée, soulevée par l'association, de la pertinence d'un forfait numérique adapté pour les plus de 60 ans en situation de précarité.
L'adaptation du logement est fondamentale. Sans un questionnement en amont sur le parcours résidentiel, nous renforçons les risques de glissement vers l'isolement. Adapter l'habitat, c'est préserver l'autonomie.
Nous saluons votre stratégie en 3 axes : Repérer, Veiller, Prévenir , et les moyens mis en œuvre : les 1000 appels de convivialité par mois , les collectifs seniors actifs qui ont rencontré 1215 seniors individuellement grâce aux actions de détection (Toc, Toc, Toc).
Cependant, pour lutter contre l'isolement par privation et par invisibilité, et pour faire face à l'ampleur de la « mort sociale », nous devons inscrire l'animation des liens sociaux comme le moteur essentiel de nos politiques publiques. C'est en faisant cela que nous renforçons le tissu civique et la confiance, condition sine qua non d'une démocratie locale forte.
La cohésion sociale est le socle de notre démocratie. Une personne coupée de la société est une personne qui perd sa place de citoyen, qui se sent invisible et reléguée. Notre mission est de restaurer cette place.
Proposer de formaliser un plan d'action pour le mandat à venir, en s'appuyant sur les forces vives déjà mobilisées en formalisant un plan d’action tripartite avec le CCAS, les Bailleurs Sociaux et les Associations.
C'est en refabriquant le commun, en restaurant la place de chacun - jeune, actif ou aîné - que nous lutterons, ensemble, contre l’un des maux de notre société : l’isolement.
4 - Action culturelle - EPCC Le Quai-CDN - Modification des statuts - Approbation
Intervention Rachel Capron
Monsieur le Maire, chers collègues,
La délibération qui nous est soumise aujourd’hui ne peut pas être examinée comme une simple modification technique des statuts de l’EPCC Le Quai - Centre dramatique national.Elle est en réalité la conséquence directe d’un choix politique de la présidente de la Région et de son parti, Horizons : le désengagement de la Région des Pays de la Loire du soutien à la culture, et en particulier au spectacle vivant.
Ce retrait régional n’est pas neutre. Il fragilise l’ensemble de l’écosystème culturel et oblige les autres collectivités, dont la Ville d’Angers, à revoir les équilibres de gouvernance et de financement d’un équipement majeur. Il oblige les équipes du Quai à revoir le projet artistique (car les autres charges sont incompressibles) à la baisse.
Les modifications statutaires que vous nous proposez aujourd’hui sont donc un ajustement contraint, subi, face à une décision unilatérale, irrespectueuse d’un engagement pris par la Région Pays de la Loire, au moment de la création de l’EPCC en juin 2005, il y a vingt ans.
Sur la gouvernance d’abord : la modification de la composition du conseil d’administration traduit mécaniquement ce désengagement. En retirant un partenaire public historique, on réduit la pluralité des regards et l’équilibre des tutelles. Le Quai est un établissement structurant, au rayonnement national. Il mérite une gouvernance forte, partagée, protectrice de son projet artistique. Cette réforme ne renforce pas cette ambition, au contraire, elle entérine un affaiblissement.
Sur la portée symbolique de cette modification ensuite : ce retrait remet en cause le principe même de la décentralisation culturelle, fondement historique de la politique culturelle française depuis plus de soixante ans.
Sur le plan financier enfin : La réécriture de l’article relatif aux apports et contributions financières pose une question simple : Comment préserver l’ambition pour le Quai et son projet artistique tout en subissant le retrait de la contribution de 156 000 euros annuels, statutaire de la Région ? La conclusion du débat d’orientation budgétaire du 4 novembre dernier montre dans quelle incertitude se trouve l’équipe du Quai : « le maintien de cette ambition passera (...) par une baisse de l’activité de programmation proprement dite au Quai, au profit, relatif, d’activités annexes en capacité de dégager des marges nouvelles, activités dont la réalité n’est pas encore démontrée. Nous pouvons regretter cette évolution, au regard du projet porté depuis deux ans, et de ses réussites réelles… ». Au-delà de l’incertitude pour l’avenir que cette conclusion souligne, elle dénonce aussi un manque de reconnaissance pour le travail exceptionnel de Marcial di Fonzo Bo et de Jacques Peigné depuis leur arrivée à la tête de cet établissement il y a 2 ans.
Au fond, cette délibération nous demande d’acter les conséquences d’un abandon : abandon de la culture par la Région, abandon d’une vision ambitieuse et partagée du service public culturel. Nous refusons de le valider par notre vote.
Si nous utilisions les mêmes méthodes que les vôtres, monsieur le maire, nous reformulerions ainsi le texte de cette délibération :
Qui vote pour le fait que Le Quai reçoive 156 000 euros annuels de contribution en moins, ce qui mettra en difficulté un établissement phare du spectacle vivant de notre ville, de notre région, de notre pays ?
Eh bien nous, élus du groupe Demain Angers, nous votons contre.
Je vous remercie.
18- Soleils d’hiver - Associations des commerçants de la place du Chapeau de gendarme et du Village Lorette - Attribution de subventions
Intervention Silvia Camara-Tombini
Monsieur le Maire, M. L’adjoint
Je souhaite tout d’abord saluer l’installation des chalets et du manège place du Chapeau-de-Gendarme et du village Lorette , ainsi que l’engagement des commerces de quartier qui se mobilisent pour dynamiser nos cœurs de quartier à l’occasion des fêtes de Noël.
Permettez moi toutefois d’exprimer ce soir un regret.
Lors du conseil municipal d’octobre, j’ai cru - peut-être un peu trop tôt - au miracle de Noël. Je vous avais alors interpellés sur les mesures envisagées pour accompagner l’affluence, notamment automobile, dans l’hypercentre pendant la période de Soleils d’hiver. Nous avions formulé des propositions concrètes pour anticiper cette situation et apaiser le centre-ville, par exemple en instaurant la gratuité ponctuelle des transports en commun sur cette période.
Vous m’aviez alors répondu, je cite :« Pour l’édition 2025, je comprends que vous soyez impatiente, qu’on soit déjà à Noël, mais il faudra attendre le mois prochain pour discuter de la circulation, de ce qui est prévu et de la manière dont cette édition 2025 va se réaliser. Mais nous vous avons entendue. »
J’ai donc attendu. Le conseil de novembre, puis celui de décembre. Et surtout, j’ai observé ce qui s’est passé depuis le début de Soleils d’hiver.
Or, le constat est malheureusement sans surprise : le samedi, de nombreux habitants nous ont fait remonter de longues files de voitures à l’arrêt, des parkings saturés, et des transports en commun fortement ralentis.
Il y a ici un enjeu que l’on ne peut plus ignorer : la qualité de l’air. Dans notre agglomération comme dans beaucoup de territoires urbains, la circulation automobile est une source significative de polluants. À Angers, les concentrations de particules fines mesurées régulièrement dépassent encore les valeurs annuelles recommandées par l’organisation mondiale de la santé ce qui signifie une exposition persistante de nos concitoyens à des particules nocives pour la santé.
La pollution de l’air n’est pas qu’une donnée abstraite : elle a des effets avérés sur la santé publique et impacte considérablement les personnes vulnérables et les personnes asthmatiques .
La réduction du trafic routier en centre-ville - par une politique de piétonnisation ambitieuse - constitue l’un des leviers les plus directs pour améliorer cette qualité de l’air et protéger nos populations, en particulier les plus fragiles.
Je me permets de rappeler qu’en 2020, le candidat aux municipales Christophe Béchu s’était engagé auprès de l’association “Place au vélo” à piétonniser plus largement l’hypercentre. Or, dans les faits, cet engagement n’a pas été tenu, y compris dans des contextes pourtant exceptionnels comme Soleils d’hiver ou lors de grands événements, tels que les Accroche-Cœurs.
Une autre interrogation concerne les personnes à mobilité réduite ou ayant un autre handicap: Comment pouvons-nous lors de ces événements qui génèrent des flux très importants mieux les accompagner pour qu’elles puissent aussi profiter de ces événements dans de bonnes conditions?
La question est donc simple : pourquoi ne pas vous saisir de ces temps forts où la ville est déjà largement fréquentée à pied, pour expérimenter réellement des mesures d’apaisement de l’hypercentre au bénéfice des habitants, des visiteurs, des commerçants, de la qualité de l’air et de l’image de notre ville ?
Laissez-moi croire, Monsieur le Maire, au miracle de Noël ! Il reste deux semaines donc il est encore temps d’agir pour le prochain week-end.
Je vous remercie.
19- Dérogation au repos dominical des salariés de commerces - Avis pour l'année 2026
Intervention Claire Schweitzer
Ce n’est pas sans une pointe d’émotion que j’interviens ce soir sur cette délibération si saisonnière qu’est la dérogation du Maire au repos dominical. Car oui, pour la dernière fois vous m’entendrez ici contester encore le fait de déroger au droit au repos des salariés le dimanche. Longtemps seule à contester cette dérogation, (même si Maxence Henry m’a toujours apporté un indéfectible soutien sur ce sujet, peut être va-t-il le faire, lui aussi pour la dernière fois) je suis aujourd’hui satisfaite de l’unanimité du vote contre que nous porterons dans le groupe.
Pour certains cette opposition tient plus du symbole, finalement ce n’est pas si grave d’ouvrir les dimanches et de travailler dans les commerces avant Noël, ou pendant les soldes. Il faut faire vivre le commerce n’est ce pas Monsieur Pabritz, ce secteur que nous connaissons si mal selon vous. Ce que je connais, peut être pour le coup mieux que vous, c’est le besoin des salariés de se reposer et d'être suffisamment bien payés pour ne pas avoir à sacrifier ce jour de repos en commun. De se retrouver, de se reposer et ça vaut aussi pour les employeurs de ces mêmes commerces.
C’est le besoin, aussi dans les centre ville d’avoir des temps de repos, de paix, de calme. Trouver cet équilibre entre les besoins d’un commerce de proximité qui souffre et les besoins des salariés (et des employeurs) de se reposer n’est pas chose aisée, mais est -ce que travailler le dimanche empêche les consommateurs à se tourner vers les plateformes en ligne ? Quand on prend des mesures, on essaie d’avoir des indicateurs, mais depuis 2020, je n’ai jamais eu accès à la moindre donnée permettant de déterminer que l’ouverture le dimanche des commerces permettaient d'accroître le chiffre d’affaire, tout au moins le chiffre d’affaire est étalé sur un jour de plus.
Aujourd’hui, nous revenons sur ce qu’il nous semblait être un acquis, celui de ne pas enchaîner plusieurs dimanches entre décembre et janvier. C’est donc cette année le retour du 1er dimanche, jour des soldes d’hiver, qui fait que certains salariés seront amenés à travailler 4 dimanches d’affilée sur 2 mois entre fin 2025 à début 2026, pour des raisons économiques qui nous échappent encore.
Il faut résister parfois, aux atteintes au droit au repos des salariés et des travailleurs, même celles qui peuvent paraître mineures. C’est pour cela que nous voterons contre cette délibération.
20- Propreté publique - Dépôts sauvages de déchets - Octroi de remises gracieuses
Intervention Anthony Guidault
Monsieur le maire, cher.e.s collègues,
Je rebondis sur cette délibération qui parle de dépôts sauvages de déchets pour évoquer à nouveau le site de la Tournerie, cette vaste décharge à ciel ouvert sur un site naturel.
Depuis notre interpellation au conseil du mois de mars dernier, c’est-à-dire il y a 9 mois, où vous nous aviez annoncé que vous alliez implanter des caméras discrètes, nous apprenons, grâce à un reportage de TF1 sur la question, que les caméras ont identifiés une vingtaine de contrevenants que M. Pabritz va “recevoir en mairie”.
Pendant ce temps, les déchets continuent de s’accumuler et les habitants de se résigner, comme le montre très bien le reportage du journal télévisé.
Nous aimerions donc connaître la stratégie et les délais de sanctions des contrevenants désormais identifiés.
Quel timing vous donnez-vous pour véritablement être efficaces ?
Je vous remercie.
22- Transition écologique - Plan énergie - Certificats d'économie d'énergie - Information du conseil sur les ventes réalisées en 2025 - Approbation d'une transaction
Intervention Yves Aurégan
Mesdames, Messieurs,
On nous présente souvent les Certificats d’Économie d’Énergie, les fameux C2E, comme un dispositif inspiré du principe du pollueur-payeur. Sur le papier, c’est une bonne idée. Faire contribuer ceux qui vendent de l’énergie pour financer des économies d’énergie, c’est même très logique. Mais dans la réalité, les C2E, c’est surtout un dispositif entièrement privé, transformé en marché parallèle, opaque, et dont l’efficacité interroge.
La Cour des comptes elle-même a tiré la sonnette d’alarme et propose même la suppression du dispositif : fraudes à la rénovation, travaux non conformes, parfois même jamais réalisés. Et qui paie au bout du compte ? Les Français, via l’augmentation des prix de l’énergie - hausse qui n’a parfois rien à voir avec les montants réels du dispositif.
Pire encore : les C2E permettent à l’État de se désengager. On coupe dans le Fonds vert, on finance MaPrimeRénov’ ou le « leasing social » grâce à ce mécanisme, et on prétend que tout va bien parce qu’on a « trouvé » un financement. Mais ce n’est pas un financement : c’est un transfert. Un transfert opaque, à la justice sociale incertaine et dont l’efficacité est remise en question.
Et c’est là que se produit un glissement politique dangereux : au lieu d’assumer une vraie stratégie de transition écologique, on externalise, on fragmente, on brouille… puis on finit par accuser l’écologie d’être punitive. Comme si l’effort écologique était responsable de tout, alors même qu’on refuse d’en assumer pleinement la responsabilité politique.
C’est une faute politique majeure que de répéter ce discours d’écologie punitive. Car à force de dire que l’écologie punit, on fabrique du rejet. On détourne les citoyens de l’urgence climatique. Et on légitime les reculs environnementaux déjà engagés, malgré la promesse d’un quinquennat qui « sera écologique ou ne sera pas ».
La vérité, c’est que la seule punition, la vraie, viendra de l’inaction. Ce n’est pas la transition écologique qui coûte : c’est son absence. Ce n’est pas l’écologie qui punit : c’est le renoncement et la procrastination qui punissent.
L’écologie n’est pas un fardeau. C’est une protection. C’est un investissement vital. Et tant que nous continuerons à la traiter comme une charge à déléguer au privé, comme un prétexte pour caricaturer ses défenseurs ou un obstacle à une réélection, nous passerons à côté de ce qui devrait être un projet collectif, ambitieux et assumé, au bénéfice de notre qualité de vie et de celle de nos enfants et petits-enfants.
23- Association La Prévention routière - Attribution de subvention
Intervention Silvia Camara-Tombini
Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,
Depuis 2018, la Prévention routière a développé un outil intéressant : le label “Villes prudentes”, destiné à valoriser les communes les plus actives pour protéger leurs habitantes et habitants. L’obtention de ce label repose sur un ensemble de critères exigeants :
la qualité et la programmation des aménagements sécurisants,
les actions de prévention et de sensibilisation menées auprès du public,
la mise en place d’indicateurs permettant de suivre le risque routier,
la gestion exemplaire des flottes de véhicules municipaux.
Une visite de terrain permet ensuite d’attribuer une labellisation allant de un à cinq “cœurs Ville Prudente”. A ce jour, 637 communes sont labellisées en France.
Or, Angers ne figure pas parmi les villes labellisées, et sauf erreur de notre part, aucune commune du Maine-et-Loire n’y apparaît. C’est un signal qui interroge, d’autant plus dans un contexte local très préoccupant.
En 2024, le Maine-et-Loire a enregistré 41 décès sur les routes, soit +14 % par rapport à 2023, avec des accidents plus importants impliquant les piétons et les vélos, qui posent la question du partage de l’espace public en ville notamment.
Face à de tels chiffres, nous avons une responsabilité collective : agir, anticiper et structurer une politique de sécurité routière ambitieuse, à la hauteur des enjeux.
C’est pourquoi nous proposons, Monsieur le Maire, cher·e·s collègues :➡️ qu’Angers devienne une ville candidate à la labellisation “Ville Prudente”,➡️ et que la municipalité se donne, dès à présent, les moyens d’entrer dans une démarche globale de prévention, d’aménagement et d’évaluation.
Ce label n’est pas un trophée : c’est un outil, un cadre, un levier pour renforcer la sécurité de toutes et tous dans l’espace public. Je vous remercie.
NB : Suite à cette intervention, le maire a accepté d’ajouter un amendement à la délibération indiquant que la ville d’Angers allait candidater à ce label. Une opposition qui propose parfois obtient gain de cause.
27- Ravalement de façades - Aide municipale au ravalement de façades - Hors périmètre de campagne de ravalement - Attribution de subvention
Intervention Yves Aurégan
Le principe fondateur de cette aide au ravalement de façade était clair : accompagner financièrement, en fonction des revenus, les propriétaires soumis à une obligation de ravalement dans le cadre de campagnes imposées par la collectivité. Sur ce point, rien à redire : lorsqu’on rend des travaux obligatoires, il est normal de soutenir ceux qui pourraient avoir du mal à les financer.
Mais son extension aux immeubles « hors périmètre », décidée en 2019, pose aujourd’hui un vrai problème de justice sociale. Les propriétaires de bâtiments remarquables, situés dans les secteurs les plus prisés, ne comptent généralement pas parmi les Angevins les plus fragiles. Ce sont même, souvent, les ménages les plus aisés.
Dès lors, financer leurs travaux avec de l’argent public - une ressource rare et précieuse - relève d’une logique que nous ne pouvons pas soutenir. Cela revient à subventionner, avec les impôts de tous, la valorisation patrimoniale de quelques-uns… qui n’en ont bien souvent pas besoin. C’est un effet d’aubaine pur et simple.
L’argent public doit aller en priorité à celles et ceux qui en ont réellement besoin, pas à des propriétaires cherchant à embellir leur patrimoine privé avec le soutien de la collectivité.
C’est pourquoi nous demandons que toute demande « hors périmètre » soit appuyée par de véritables arguments, examinée au cas par cas, et évaluée au regard des capacités financières réelles des demandeurs. Nous proposons également que le Conseil Municipal se prononce en amont sur la recevabilité de ces dossiers, afin d’éviter toute ambiguïté vis à vis des propriétaires et de garantir la transparence.
Nous avions déjà formulé cette proposition en 2022. À l’époque, vous aviez indiqué vouloir y réfléchir. Qu’en est-il aujourd’hui ? Votre réflexion a-t-elle avancé ?
40- Société anonyme publique locale Angers Loire restauration (Alrest) - Rapport annuel 2024
Intervention Elsa Richard
Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,
Merci pour ce rapport annuel d’ALREST pour 2024 qui nous apporte des éléments précieux sur ce service public essentiel de cantine scolaire. Vous l’avez dit, c’est plus d’ 1 300 000 repas annuel uniquement pour la ville d’Angers.
Je voudrais souligner (à mon tour) la qualité du travail effectué par notre délégataire, avec des ambitions fortes, qui fait de notre service public de restauration collective un modèle pour de nombreuses collectivités, notamment concernant le zéro plastique et la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Néanmoins, nous pensons que nous pouvons encore et toujours améliorer l’exemplarité de notre outil. Et je citerai deux points en particulier, qui incombent bien à ce conseil municipal, et non à notre délégataire, je me permets de le rappeler.
1/ Tout d’abord sur la restauration en crèches
Le rapport indique 83 906 repas en crèches, soit environ 4 % des + 1,3 millions de repas produits. Pourriez-vous nous préciser :
Combien de crèches d’Angers sont effectivement concernées par la prestation d’ALREST ?
Y a-t-il des projets de développement de l’offre spécifiquement vers les crèches ?
Dans de nombreuses communes, les repas des 0-3 ans bénéficient d’une exigence supérieure en matière d’alimentation biologique car c’est l’un des publics particulièrement sensibles. Il nous semble essentiel qu’Angers puisse se positionner clairement sur cette question.
2/ Ensuite sur la tarification
Les données montrent que la tranche > 2 000 € de revenus concentre le plus grand nombre d’enfants (1 575 sur 8 970, soit ~+17%), ce qui n’est pas surprenant : c’est aussi la tranche la moins affinée de la grille tarifaire et donc la moins équitable.
Comme nous l’avions déjà proposé lors du changement de la grille tarifaire en 2023, nous restons constant avec notre proposition de réformer cette grille tarifaire afin de l’affiner davantage pour être plus juste.
Car il est tout à fait possible aujourd’hui, avec un prix de revient à 6,65€ le repas, de revoir cette grille, sans dépenser un euro de plus, tout en appliquant un taux d’effort progressif et juste, pouvant aller de la gratuité pour la première tranche de QF, cad pour les familles qui en ont le plus besoin, jusqu’au prix réel pour les familles parmi les plus haut revenus, dont le QF est supérieur à 2500.
Il est tout à fait possible techniquement et financièrement de mettre en place une tarification au près plus des capacités contributives réelles des familles, sans faire peser la charge davantage sur les classes moyennes, mais sur les ménages plus aisés qui ont un taux d’effort moindre. Cela permettrait à toutes et tous d’accéder à une alimentation de qualité sans restreindre les finances de la SPL.
En conclusion, notre service public de restauration collective est une fierté locale. Mais il revient à la ville d’améliorer encore l’équité tarifaire, et de renforcer l’offre en alimentation biologique, en particulier pour les crèches.
Je vous remercie.



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